Méthodologie

La base de donnée  La Guitare en France constitue une extension de la thèse de doctorat de Pascal Valois Les guitaristes français entre 1770 et 1830 : Pratiques d’exécution et catalogue des méthodes, dont le dépôt final a eu lieu en novembre 2009 à la Faculté de musique de l'Université Laval.

La première étape de notre travail a été de définir une question centrale pour la recherche : comment les guitaristes, entre 1770 et 1830, jouaient-ils de leur instrument? En nous basant sur les études choisies comme modèles, nous avons élaboré un thésaurus des thèmes qui serviront à répondre à la question initiale. Nous avons ensuite posé les limites de la recherche : ciblage d’un corpus significatif, établissement des limites temporelles et géographiques, et définition du cadre théorique qui allait supporter la recherche.

La majorité des œuvres des guitaristes français se trouvent au Département de musique (site Richelieu-Louvois) de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Le collationnement des sources primaires (principalement les méthodes et le répertoire pour guitare) a nécessité plusieurs semaines de travail. Bien que la numérisation des œuvres de la BnF soit en cours, la vaste majorité de celles-ci ne sont accessibles que sur place. Des voyages de cueillette de données complémentaires ont eu lieu à la bibliothèque du Conservatoire royal de Liège et à la bibliothèque du Conservatoire royal de Bruxelles[1]. Les autres sources ont été collationnées soit par contact personnel avec les diverses bibliothèques, soit par l’entremise de la Bibliothèque du Centre de Musique Baroque de Versailles, pour les méthodes de guitare.

Les deux catégories de sources primaires les plus importantes pour cette thèse sont les méthodes des guitaristes français et étrangers et les autres œuvres qu’ils ont publiées. En ce qui concerne la première catégorie, la thèse de doctorat de Danielle Ribouillaut nous en offre une liste[2]. Ce premier classement a ensuite été comparé au catalogue des œuvres pour guitare de la BnF de Umberto Realino[3], dans lequel on retrouve les cotes de la BnF pour les œuvres instrumentales et vocales avec guitare.

Pour la deuxième catégorie, à savoir les œuvres du répertoire non comprises dans les méthodes, nous avons croisé les résultats de trois inventaires : les résultats de la cueillette effectuée à la BnF en octobre 2005, le catalogue des œuvres instrumentales et vocales avec guitare d’Umberto Realino et la liste d’œuvres pour guitare publiées à Paris entre 1750 et 1800 de James Tyler et Paul Sparks[4]. La comparaison de ces trois sources nous a permis de confirmer la validité du corpus d’œuvres inclus dans notre analyse. Ce corpus a été complété avec des œuvres recueillies hors de la BnF et choisies en fonction de leur valeur scientifique (voir sources documentaires, ci-dessous). Quant aux instruments analysés, ils proviennent de notre collection personnelle, de la collection du luthier Bernhard Kresse de Cologne et de celle du luthiste Hopkinson Smith[5], professeur à la Schola Cantorum de Bâle. Des analyses supplémentaires ont été réalisées au Musée des instruments de musique (MIM) de Bruxelles, au musée instrumental de Paris et au Musikmuseum (Historisches Museum Basel).

Une fois les méthodes et les œuvres réunies, nous avons effectué une analyse systématique des sources primaires. Pour ce faire, il a fallu juxtaposer les techniques classiques de recherche de la musicologie historique et des analyses pratiques, comme l’évaluation d’instruments de musique historiques ainsi que l’interprétation instrumentale du corpus étudié. En effet, une étude des pratiques d’exécution menée par un chercheur non guitariste doit se borner à considérer les textes des méthodes et les avant-propos des œuvres pour tracer un portrait du jeu des guitaristes du passé. Quant à nous, la possibilité de jouer de cet instrument pour l’étude des sources nous a permis de mieux comprendre comment était réalisée l’ornementation, d’analyser efficacement les techniques de jeu exigeant de la virtuosité et d’évaluer les caractéristiques des instruments d’époque.

Chaque source a été analysée et indexée en fonction de notre thésaurus de recherche. Les résultats de l’analyse ont été classés dans notre base de données personnelle, ainsi que dans la base de données Philidor de l’Atelier d’études du CMBV (pour les données relatives au catalogue). Cette classification systématique nous a permis d’accéder aux résultats facilement lors de la rédaction de la thèse.



[1] Malgré sa richesse, le catalogue de la bibliothèque du Conservatoire royal de Bruxelles n’est toujours pas numérisé.

[2] Ribouillault, « La technique de la guitare en France ».

[3] Umberto Realino, « Un siècle de guitare en France : 1750-1850 » (thèse de doctorat, Université de Paris-Sorbonne, 1999).

[4] James Tyler et Paul Sparks, The Guitar and Its Music : From the Renaissance to the Classical Era (Oxford et New York : Oxford University Press, 2002), 271-274.

[5] Dans la collection d’Hopkinson Smith, nous avons examiné une guitare d’un facteur anonyme, fabriquée en France, probablement dans les années 1820 ou 1830.

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