Manesson-Mallet, Allain (1630-1706): Timbales, 1696

 


Manesson-Mallet, Allain (1630-1706): Timbales, 1696

GE-00114

Oeuvre d'art

"Du Timbalier & des Timbales" (Allain Manesson-Mallet: "Les Travaux de Mars ou l'art de la guerre", La Haye (Moetjens) 1696, Tome III, p. 99.



1696

1650-1700

France

Paris

Paris, Musée de l'Armée

26249


Allain Manesson-Mallet (1630-1706) commença par porter le mousquet dans le régiment des gardes de Louis XIV, puis devint ingénieur et sergent-major d'artillerie au Portugal. Nommé à son retour maître de mathématiques des pages de la petite écurie du roi, il obtint le 13 octobre 1670 le privilège des "Travaux de Mars" publiés l'année suivante. L'ouvrage avait reçu auparavant l'approbation de Mezeray, conseiller et historiographe du roi et membre de l'Académie française. Manesson-Mallet y fait un cours complet sur la fortification, chaque page de droite portant une planche, dont la plupart ont un sujet topographique. Les "Travaux de Mars" furent réédités en 1685, en 1691 et en 1696.

Allain Manesson-Mallet, "Les Travaux de Mars ou l'art de la guerre", La Haye (Moetjens) 1696, Tome III, S. 98:
"Du Timbalier & des Timbales. Timbalier est un homme de cheval, commis pour battre les Timbales, d'où il prend son nom. Timbales sont deux manieres de grands Bassins de cuivre rouge ou d'airain, ronds par leurs fonds, & couverts par leurs dessus d'une peau de bouc, qu'on y fait tenir par le moyen d'un cercle de fer & de plusieurs écrous attachez au corps de la Timbale, & d'un pareil nombre de visses, que l'on monte ou démonte avec une clef. Les Timbales se tiennent ensemble par le moyen d'une couroye, que l'on fait passer dans deux anneaux, qui sont attachez l'un devant & l'autre derriere le pommeau de la selle du Timbalier. Les Timbales sont garnies de deux Tabliers marquez A, qui sont d'ordinaire de damas ou de satin, sur lesquels sont brodées les Armes du Prince ou du Colonel à qui elles appartiennent: quand le temps est sale, on les couvre d'ordinaire d'un cuir de vache noir. Le Timbalier doit être un homme de cœur, & chercher plûtôt à perir dans le Combat, que de se laisser enlever avec ses Timbales. Il doit avoir un beau mouvement des bras & l'oreille juste, & se faire un plaisir de divertir son Maître par des airs agreables dans les actions de réjoüissance. Il n'y a point d'instrument qui rende un son plus martial que la Timbale, principalement quand elle est accompagnée du son de quelques Trompettes. Le Timbalier pour frapper sur les Timbales se sert de baguettes de bois de cormier ou de buis, longues chacune de huit à neuf pouces, ayant chacune à une de leurs extremitez une petite rosette de la grandeur d'un écu blanc; c'est l'extremité de ces petites rosettes qui frappe la peau de la Timbale, & qui lui fait rendre un son bien plus agreable, que si elle étoit frappée d'une baguette de Tambour. Le Timbalier & le Trompette dans les Marches & les Revüës marchent à la tête de l'Escadron, trois ou quatre pas devant le Commandant; mais dans un jour de Combat ils sont sur les Ailes dans les intervalles des Escadrons, pour recevoir les ordres du Major ou de l'Aide-Major du Regiment."


estampe

papier, gravure

Musique à la cour, Trompettes, Gardes du Roy, Grande Ècurie, Timbales