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Les Travaux de Mars, ou l'Art de la guerre

Allain Manesson Mallet, Maître de Mathematiques des Pages de la petite Ecurie de Sa Majesté, cy-devant Ingenieur & Sergent-Major d'Artillerie en Portugal.   Band III, S. 12 "Du Tambour. Le Tambour est une personne qui par le bruit de sa Caisse avertit le Soldat de son devoir, ou de quelque Ordre nouveau. La Caisse A, que le vulgaire appelle mal-à-propos Tambour (puisque c'est le nom de celui qui la porte) est un Instrument Militaire fait d'une ou de deux planches de châtaigner, jointes ou tournées en figure cilindrique, creuses en dedans, & couvertes par leur extrémitez de deux peaux de veau, que l'on bande ou lâche par le moyen de plusieurs serres B, & cordes C, qui tiennent à deux cercaux D, pour faire tenir les peaux contre le corps de la Caisse. Le Tambour, pour rendre le son de sa Caisse plus harmonieux, attache au dessus de la peau inferieure un timbre ou corde à boyau E, qu'il fait tenir par le moyen du cerceau. Les Baguettes du Tambour F, sont longues de quinze à dixhuit poûces; elles sont d'ordinaire d'un bois fort dur & net, comme est le poirier, le bois d'Inde, & l'ébéne. Les Batteries du Tambour sont diverses selon les differentes occasions qui se rencontrent, dont voici les plus ordinaires: Battre la Diane, est le Batterie que les Assiegeans & quelquefois les Assiegez font à la pointe du jour. Battre au Champs, est pour avertir qu'on doit marcher ce jour-la pour quelque occasion, c'est ce que l'on nomme d'ordinaire le Premier. Battre le Dernier ou l'Assemblée, c'est pour avertir le Soldat de se ranger promptement sous le Drapeau. Battre la Marche, c'est pour marquer qu'on a pris ses rangs & que l'on part. Battre la Fricassée, c'est pour avertir que l'on leve ou que l'on pose le Drapeau, ou c'est pour faire avancer un Bataillon dans une Bataille rangée, ou l'en retirer. Battre la Charge ou la Guerre, c'est pour l'avertir de faire feu. Battre la Retraite, c'est pour l'obliger à cesser de tirer, & à le ranger au Drapeau, au Bataillon, ou à son logement. Battre la Chamade, c'est quand on veut appeller quelqu'un. Battre un Ban, c'est quand on veut publier quelque Ordre nouveau, recevoir un Officier, ou châtier quelque Soldat. Appeller, est pour avertir le Soldat de venir au plus vîte prendre les Armes pour faire parade devant quelque Officier considerable qui va passer." S. 20 "Du Tambour-Major. L'Office du Tambour-Major est d'être soir & matin chez le Major pour recevoir de lui l'ordre de battre la caisse, afin d'en avertir les autres Tambours du Regiment. Dans une Revûe le Tambour-Major se trouve la canne à la main à la droite des Tambours de chaque Compagnie, & les conduit jusqu'à la vûë du Commissaire ou du Prince qui la fait faire. Le jour d'une Bataille c'est lui qui selon l'ordre qu'il reçoit de son Colonel ou du Major, fait battre le Charge ou la Retraite. S. 26 "De l'Infantrie Suisse. En France il y a un Corps d'Infanterie Suisse, qui a pour General Mr. le Duc du Maine. Dans chacun de ses Regimens il y a un Colonel, un Lieutenant Colonel, un Sous-Lieutenant, un Enseigne, quatre Sergens, quatre Trabands, un Prevost, un Juge, un Capitaine d'Armes, un Fourrier, un Secretaire, & un Porte-Enseigne. La Compagnie Colonelle du Regiment des Gardes Suisses, a deux Lieutenants & six Trabands, & marche d'ordinaire dans l'ordre suivant: Le Capitaine A. Deux Lieutenants B. Un Sergent C. Quatre Trabands D. Les Caporaux E. Les Anspeçades F. Quatre Tambours, & le Fifre G. Les Mousquetaires H, de la premiere manche. Deux Trabands I. Deux Tambours K L'Enseigne L. Les Piquiers M. Les Mousquetaires N, de la seconde manche. Les Sous-Lieutenant O. Sur les Ailes de la Compagnie sont les Sergens P. Traband est une personne choisie pour la défense particuliere du Capitaine & du Drapeau." S. 96 "Du Trompette, & de le Trompette. Le Trompette est un homme de cheval commis pour sonner de la Trompette, d'où il prend son nom. La Trompette est un des plus agreables instrumens militaires que nous ayons; elle est faite d'argent, de roiette, ou de cuivre rouge, & le plus souvent d'airain. Le corps de la Trompette est formé d'un long Tuyau doublement courbé, comme est le marqué A. Les plus considerables parties de la Trompette & de ses ornements sont L'Embouchûre B. Le Bouton C. Le Pavillon D. Un Cordon de soye, d'or ou d'argent E. La Sourdine F. & Sa BanderolleG. C'est sur cette Banderolle que l'on peint, ou l'on brode d'ordinaire les Armes du Mestre-de-camp, à qui appartient le Trompette. Le Trompette doit être un homme de fatigue & vigilant, pour être prest à toute heure d'executer les Commandemens de sonner, dont les plus considerables sont, Le Boute selle ou à cheval, pour avertir les Cavaliers qu'ils ayent à s'aprêter. A l'Etendard, pour monter à cheval. L'Appel, pour redresses les Troupes quand elles se perdent de nuit, ou pour se faire reconnoitre. La Marche. La Charge, quand il est question de se combattre. La Retraite, quand il faut se retirer. Le Guet, aussi tôt quel'ordre est distribué. La Sourdine, quand il faut marcher à petit bruit. Chaque Compagnie de Cavalerie doit avoir son Trompette, qui porte la livrée du Prince ou du Colonel à qui appartient le Regiment. Il doit toûjours être logé ou campé avec sa Compagnie. Il prend d'ordinaire l'ordre du Maréchal des Logis. Le Trompette doit être un homme discret, principalement quand il est employé dans les Pourparlers, où il ne doit jamais se servir d'autres termes que de ceux dont il est chargé, & ne s'ingerer jamais de donner aucun conseil; afin que dans les Conferences & dans les Traitez on ne trouve point d'ambiguité ni sentimens contraires à ceux qu'il a proposez." S. 98 "Du Timbalier & des Timbales. Timbalier est un homme de cheval, commis pour battre les Timbales, d'où il prend son nom. Timbales sont deux manieres de grands Bassins de cuivre rouge ou d'airain, ronds par leurs fonds, & couverts par leurs dessus d'une peau de bouc, qu'on y fait tenir par le moyen d'un cercle de fer & de plusieurs écrous attachez au corps de la Timbale, & d'un pareil nombre de visses, que l'on monte ou démonte avec une clef. Les Timbales se tiennent ensemble par le moyen d'une couroye, que l'on fait passer dans deux anneaux, qui sont attachez l'un devant & l'autre derriere le pommeau de la selle du Timbalier. Les Timbales sont garnies de deux Tabliers marquez A, qui sont d'ordinaire de damas ou de satin, sur lesquels sont brodées les Armes du Prince ou du Colonel à qui elles appartiennent: quand le temps est sale, on les couvre d'ordinaire d'un cuir de vache noir. Le Timbalier doit être un homme de cœur, & chercher plûtôt à perir dans le Combat, que de se laisser enlever avec ses Timbales. Il doit avoir un beau mouvement des bras & l'oreille juste, & se faire un plaisir de divertir son Maître par des airs agreables dans les actions de réjoüissance. Il n'y a point d'instrument qui rende un son plus martial que la Timbale, principalement quand elle est accompagnée du son de quelques Trompettes. Le Timbalier pour frapper sur les Timbales se sert de baguettes de bois de cormier ou de buis, longues chacune de huit à neuf pouces, ayant chacune à une de leurs extremitez une petite rosette de la grandeur d'un écu blanc; c'est l'extremité de ces petites rosettes qui frappe la peau de la Timbale, & qui lui fait rendre un son bien plus agreable, que si elle étoit frappée d'une baguette de Tambour. Le Timbalier & le Trompette dans les Marches & les Revüës marchent à la tête de l'Escadron, trois ou quatre pas devant le Commandant; mais dans un jour de Combat ils sont sur les Ailes dans les intervalles des Escadrons, pour recevoir les ordres du Major ou de l'Aide-Major du Regiment." S. 105-108 "Des Compagnies d'Ordonnance de la Maison du Roi. Des Gardes-du-Corps. Les Gardes-du-Corps sont des Gentilshommes ou des Cavaliers choisis par leur bravoure, ou par leur fidelité pour servir à la Garde de la Personne du Roi. Ils sont distinguez en quatre Compagnies commandées par quatre Capitaines, qui servent par quartier auprés de la Personne de sa Majesté. Dans chaque Compagnie il y a trois Lieutenants, trois Enseignes, douze Exempts, & quelque quatre cens Maîtres. Il y a un Major & deux Aides-Majors pour toutes les quatre Compagnies, & chaque Compagnie a un Aide-Major. Chaque Compagnie a des Brigadiers & Sous-Brigadiers. Les Brigadiers prennent la Queuë quand l'Escadron est formé, comme sont les Maréchaux des Logis dans la Cavaliere legere. Chaque Compagnie a les Trompettes & ses Timbaliers. Quand les Gardes-du-Corps accompagnent le Roi, ils ont toûjours le sabre nud à la main. Dans une Battaille ils ont la droite de toute la Cavalerie. Des Gens-d' Armes, & de leur Guidon Les Gens-d'armes sont des Cavaliers consommez d'ordinaire dans le service, qui anciennement étoient armez de toutes pieces. Ils ont un Capitaine-Lieutenant, deux Sous-Lieutenants, trois Enseignes & trois Guidons. Sous le nom de Guidon on entend ici parler d'une maniere de Drapeau qu'il porte, dont l'étoffe est pareille à celle des Drapeaux, mais il est plus long que large, & fendu par le bout, qui forme deux pointes un peu arondies. D'ordinaire le Guidon est garni d'un frange d'or ou de soye, de la même maniere qu'est brodée la Devise ou le Chifre qui est au Guidon. Des Chevaux-legers. Les Chevaux-legers ont un Capitaine-Lieutenant, deux Sous-Lieutenants, deux Cornettes & deux Maréchaux des Logis, avec Trompettes & Timbales. Des Mousquetaires. Sous le nom de Mousquetaires j'entens parler des Mousquetaires du Roi, qui sont des Gentilshommes issus des meilleures Familles du Royaume, qui entrent dans ce Corps pour apprendre le métier de la Guerre. Ils sont partagez en deux Compagnies, qui portent le nom de Premiere Compagnie ou de Mousquetaires Gris, & de Seconde Compagnie ou des Mousquetaires Noirs. Les uns & les autres combattent selon les differentes occasions, tantôt à pied & tantôt à cheval. Les deux Compagnies des Mousquetaires ont le Roi pour Capitaine, & chaque Compagnie en particulier a un Capitaine-Lieutenant, un Sous-Lieutenant, un Enseigne, un Cornette, six Maréchaux des Logis, des Tambours, & des Hautbois. De la petite Gendarmerie. Sous le nom de la petite Gendarmerie sont comprises les Compagnies des Gens-d’armes Ecossois, Bourguignons, Anglois, Flamands, & les Compagnies des Gens-d’armes & Chevaux-legers de la Reine, & des Gens-d’armes & des Chevaux-legers de Monseigneur le Dauphin, de Monsieur le Duc d’Anjou, & des Gens-d’armes & des Chevaux-legers de Monsieur. Chaque Compagnie de Gens-d’armes a un Capitaine-Lieutenant, un Sous-Lieutenant, un Enseigne, un Guidon, & un Maréchal des Logis. Chaque Compagnie des Chevaux-legers a un Capitaine-Lieutenant, un Sous-Lieutenant, un Cornette & un Maréchal des Logis. Chacune de ces Compagnies a une paire de Timbales & des Trompettes. Des Dragons. Les Dragons sont des gens qui combattent tantôt à pied, tantôt à cheval, & qui d’ordinaire sont les premiers commandez pour porter la guerre dans le païs Ennemi. Mais parce que leurs chevaux contribuent extremement au succés de leurs expeditions, j’ay crû n’en devoir parler qu’en traitant de la Cavalerie. Dans chacun de leurs Regimens il y a un Colonel, un Lieutenant-Colonel, un Major & un Aide-Major. Dans chaque Compagnie il y a un Capitaine, un Lieutenant, un Cornette, un Maréchal des Logis, deux Sergens, un Tambour, & quelques-uns ont des Hautbois. Les Officiers des Dragons ont de grands avantages, car ils roulent dans la Cavalerie & dans l’Infanterie selon leur rang."

Allain Manesson-Mallet (1630-1706)

Allain Manesson Mallet, Maître de Mathematiques des Pages de la petite Ecurie de Sa Majesté, cy-devant Ingenieur & Sergent-Major d'Artillerie en Portugal.  

Band III, S. 12
"Du Tambour.
Le Tambour est une personne qui par le bruit de sa Caisse avertit le Soldat de son devoir, ou de quelque Ordre nouveau. La Caisse A, que le vulgaire appelle mal-à-propos Tambour (puisque c'est le nom de celui qui la porte) est un Instrument Militaire fait d'une ou de deux planches de châtaigner, jointes ou tournées en figure cilindrique, creuses en dedans, & couvertes par leur extrémitez de deux peaux de veau, que l'on bande ou lâche par le moyen de plusieurs serres B, & cordes C, qui tiennent à deux cercaux D, pour faire tenir les peaux contre le corps de la Caisse.
Le Tambour, pour rendre le son de sa Caisse plus harmonieux, attache au dessus de la peau inferieure un timbre ou corde à boyau E, qu'il fait tenir par le moyen du cerceau.
Les Baguettes du Tambour F, sont longues de quinze à dixhuit poûces; elles sont d'ordinaire d'un bois fort dur & net, comme est le poirier, le bois d'Inde, & l'ébéne.
Les Batteries du Tambour sont diverses selon les differentes occasions qui se rencontrent, dont voici les plus ordinaires:
Battre la Diane, est le Batterie que les Assiegeans & quelquefois les Assiegez font à la pointe du jour.
Battre au Champs, est pour avertir qu'on doit marcher ce jour-la pour quelque occasion, c'est ce que l'on nomme d'ordinaire le Premier.
Battre le Dernier ou l'Assemblée, c'est pour avertir le Soldat de se ranger promptement sous le Drapeau.
Battre la Marche, c'est pour marquer qu'on a pris ses rangs & que l'on part.
Battre la Fricassée, c'est pour avertir que l'on leve ou que l'on pose le Drapeau, ou c'est pour faire avancer un Bataillon dans une Bataille rangée, ou l'en retirer.
Battre la Charge ou la Guerre, c'est pour l'avertir de faire feu.
Battre la Retraite, c'est pour l'obliger à cesser de tirer, & à le ranger au Drapeau, au Bataillon, ou à son logement.
Battre la Chamade, c'est quand on veut appeller quelqu'un.
Battre un Ban, c'est quand on veut publier quelque Ordre nouveau, recevoir un Officier, ou châtier quelque Soldat.
Appeller, est pour avertir le Soldat de venir au plus vîte prendre les Armes pour faire parade devant quelque Officier considerable qui va passer."

S. 20
"Du Tambour-Major.
L'Office du Tambour-Major est d'être soir & matin chez le Major pour recevoir de lui l'ordre de battre la caisse, afin d'en avertir les autres Tambours du Regiment. Dans une Revûe le Tambour-Major se trouve la canne à la main à la droite des Tambours de chaque Compagnie, & les conduit jusqu'à la vûë du Commissaire ou du Prince qui la fait faire. Le jour d'une Bataille c'est lui qui selon l'ordre qu'il reçoit de son Colonel ou du Major, fait battre le Charge ou la Retraite.

S. 26
"De l'Infantrie Suisse.
En France il y a un Corps d'Infanterie Suisse, qui a pour General Mr. le Duc du Maine.
Dans chacun de ses Regimens il y a un Colonel, un Lieutenant Colonel, un Sous-Lieutenant, un Enseigne, quatre Sergens, quatre Trabands, un Prevost, un Juge, un Capitaine d'Armes, un Fourrier, un Secretaire, & un Porte-Enseigne.
La Compagnie Colonelle du Regiment des Gardes Suisses, a deux Lieutenants & six Trabands, & marche d'ordinaire dans l'ordre suivant:
Le Capitaine A.
Deux Lieutenants B.
Un Sergent C.
Quatre Trabands D.
Les Caporaux E.
Les Anspeçades F.
Quatre Tambours, & le Fifre G.
Les Mousquetaires H, de la premiere manche.
Deux Trabands I.
Deux Tambours K
L'Enseigne L.
Les Piquiers M.
Les Mousquetaires N, de la seconde manche.
Les Sous-Lieutenant O.
Sur les Ailes de la Compagnie sont les Sergens P.
Traband est une personne choisie pour la défense particuliere du Capitaine & du Drapeau."

S. 96
"Du Trompette, & de le Trompette.
Le Trompette est un homme de cheval commis pour sonner de la Trompette, d'où il prend son nom.
La Trompette est un des plus agreables instrumens militaires que nous ayons; elle est faite d'argent, de roiette, ou de cuivre rouge, & le plus souvent d'airain. Le corps de la Trompette est formé d'un long Tuyau doublement courbé, comme est le marqué A. Les plus considerables parties de la Trompette & de ses ornements sont
L'Embouchûre B.
Le Bouton C.
Le Pavillon D.
Un Cordon de soye, d'or ou d'argent E.
La Sourdine F. &
Sa BanderolleG. C'est sur cette Banderolle que l'on peint, ou l'on brode d'ordinaire les Armes du Mestre-de-camp, à qui appartient le Trompette.
Le Trompette doit être un homme de fatigue & vigilant, pour être prest à toute heure d'executer les Commandemens de sonner, dont les plus considerables sont,
Le Boute selle ou à cheval, pour avertir les Cavaliers qu'ils ayent à s'aprêter.
A l'Etendard, pour monter à cheval.
L'Appel, pour redresses les Troupes quand elles se perdent de nuit, ou pour se faire reconnoitre.
La Marche.
La Charge, quand il est question de se combattre.
La Retraite, quand il faut se retirer.
Le Guet, aussi tôt quel'ordre est distribué.
La Sourdine, quand il faut marcher à petit bruit.
Chaque Compagnie de Cavalerie doit avoir son Trompette, qui porte la livrée du Prince ou du Colonel à qui appartient le Regiment. Il doit toûjours être logé ou campé avec sa Compagnie. Il prend d'ordinaire l'ordre du Maréchal des Logis.
Le Trompette doit être un homme discret, principalement quand il est employé dans les Pourparlers, où il ne doit jamais se servir d'autres termes que de ceux dont il est chargé, & ne s'ingerer jamais de donner aucun conseil; afin que dans les Conferences & dans les Traitez on ne trouve point d'ambiguité ni sentimens contraires à ceux qu'il a proposez."


S. 98
"Du Timbalier & des Timbales.
Timbalier est un homme de cheval, commis pour battre les Timbales, d'où il prend son nom.
Timbales sont deux manieres de grands Bassins de cuivre rouge ou d'airain, ronds par leurs fonds, & couverts par leurs dessus d'une peau de bouc, qu'on y fait tenir par le moyen d'un cercle de fer & de plusieurs écrous attachez au corps de la Timbale, & d'un pareil nombre de visses, que l'on monte ou démonte avec une clef. Les Timbales se tiennent ensemble par le moyen d'une couroye, que l'on fait passer dans deux anneaux, qui sont attachez l'un devant & l'autre derriere le pommeau de la selle du Timbalier. Les Timbales sont garnies de deux Tabliers marquez A, qui sont d'ordinaire de damas ou de satin, sur lesquels sont brodées les Armes du Prince ou du Colonel à qui elles appartiennent: quand le temps est sale, on les couvre d'ordinaire d'un cuir de vache noir.
Le Timbalier doit être un homme de cœur, & chercher plûtôt à perir dans le Combat, que de se laisser enlever avec ses Timbales. Il doit avoir un beau mouvement des bras & l'oreille juste, & se faire un plaisir de divertir son Maître par des airs agreables dans les actions de réjoüissance. Il n'y a point d'instrument qui rende un son plus martial que la Timbale, principalement quand elle est accompagnée du son de quelques Trompettes.
Le Timbalier pour frapper sur les Timbales se sert de baguettes de bois de cormier ou de buis, longues chacune de huit à neuf pouces, ayant chacune à une de leurs extremitez une petite rosette de la grandeur d'un écu blanc; c'est l'extremité de ces petites rosettes qui frappe la peau de la Timbale, & qui lui fait rendre un son bien plus agreable, que si elle étoit frappée d'une baguette de Tambour.
Le Timbalier & le Trompette dans les Marches & les Revüës marchent à la tête de l'Escadron, trois ou quatre pas devant le Commandant; mais dans un jour de Combat ils sont sur les Ailes dans les intervalles des Escadrons, pour recevoir les ordres du Major ou de l'Aide-Major du Regiment."

S. 105-108
"Des Compagnies d'Ordonnance de la Maison du Roi.
Des Gardes-du-Corps.

Les Gardes-du-Corps sont des Gentilshommes ou des Cavaliers choisis par leur bravoure, ou par leur fidelité pour servir à la Garde de la Personne du Roi.
Ils sont distinguez en quatre Compagnies commandées par quatre Capitaines, qui servent par quartier auprés de la Personne de sa Majesté.
Dans chaque Compagnie il y a trois Lieutenants, trois Enseignes, douze Exempts, & quelque quatre cens Maîtres.
Il y a un Major & deux Aides-Majors pour toutes les quatre Compagnies, & chaque Compagnie a un Aide-Major.
Chaque Compagnie a des Brigadiers & Sous-Brigadiers. Les Brigadiers prennent la Queuë quand l'Escadron est formé, comme sont les Maréchaux des Logis dans la Cavaliere legere.
Chaque Compagnie a les Trompettes & ses Timbaliers.
Quand les Gardes-du-Corps accompagnent le Roi, ils ont toûjours le sabre nud à la main. Dans une Battaille ils ont la droite de toute la Cavalerie.

Des Gens-d' Armes, & de leur Guidon
Les Gens-d'armes sont des Cavaliers consommez d'ordinaire dans le service, qui anciennement étoient armez de toutes pieces. Ils ont un Capitaine-Lieutenant, deux Sous-Lieutenants, trois Enseignes & trois Guidons.
Sous le nom de Guidon on entend ici parler d'une maniere de Drapeau qu'il porte, dont l'étoffe est pareille à celle des Drapeaux, mais il est plus long que large, & fendu par le bout, qui forme deux pointes un peu arondies. D'ordinaire le Guidon est garni d'un frange d'or ou de soye, de la même maniere qu'est brodée la Devise ou le Chifre qui est au Guidon.

Des Chevaux-legers.
Les Chevaux-legers ont un Capitaine-Lieutenant, deux Sous-Lieutenants, deux Cornettes & deux Maréchaux des Logis, avec Trompettes & Timbales.

Des Mousquetaires.
Sous le nom de Mousquetaires j'entens parler des Mousquetaires du Roi, qui sont des Gentilshommes issus des meilleures Familles du Royaume, qui entrent dans ce Corps pour apprendre le métier de la Guerre.
Ils sont partagez en deux Compagnies, qui portent le nom de Premiere Compagnie ou de Mousquetaires Gris, & de Seconde Compagnie ou des Mousquetaires Noirs.
Les uns & les autres combattent selon les differentes occasions, tantôt à pied & tantôt à cheval.
Les deux Compagnies des Mousquetaires ont le Roi pour Capitaine, & chaque Compagnie en particulier a un Capitaine-Lieutenant, un Sous-Lieutenant, un Enseigne, un Cornette, six Maréchaux des Logis, des Tambours, & des Hautbois.

De la petite Gendarmerie.
Sous le nom de la petite Gendarmerie sont comprises les Compagnies des Gens-d’armes Ecossois, Bourguignons, Anglois, Flamands, & les Compagnies des Gens-d’armes & Chevaux-legers de la Reine, & des Gens-d’armes & des Chevaux-legers de Monseigneur le Dauphin, de Monsieur le Duc d’Anjou, & des Gens-d’armes & des Chevaux-legers de Monsieur.
Chaque Compagnie de Gens-d’armes a un Capitaine-Lieutenant, un Sous-Lieutenant, un Enseigne, un Guidon, & un Maréchal des Logis.
Chaque Compagnie des Chevaux-legers a un Capitaine-Lieutenant, un Sous-Lieutenant, un Cornette & un Maréchal des Logis.
Chacune de ces Compagnies a une paire de Timbales & des Trompettes.

Des Dragons.
Les Dragons sont des gens qui combattent tantôt à pied, tantôt à cheval, & qui d’ordinaire sont les premiers commandez pour porter la guerre dans le païs Ennemi.
Mais parce que leurs chevaux contribuent extremement au succés de leurs expeditions, j’ay crû n’en devoir parler qu’en traitant de la Cavalerie.
Dans chacun de leurs Regimens il y a un Colonel, un Lieutenant-Colonel, un Major & un Aide-Major.
Dans chaque Compagnie il y a un Capitaine, un Lieutenant, un Cornette, un Maréchal des Logis, deux Sergens, un Tambour, & quelques-uns ont des Hautbois.
Les Officiers des Dragons ont de grands avantages, car ils roulent dans la Cavalerie & dans l’Infanterie selon leur rang."


1696

Moetjens

La Haye

Schriftliche Quelle / Written source / Source écrite

Gent, Universität, Paris, Musée de l'Armée

Paris: 26248, 26249

http://books.google.de/books?id=VRYPAAAAQAAJ

  • 100. Nicht zugeordnete Titel

Gardes du Roy, Cent-Suisses, Timbales, Grande Ècurie, Musique à la cour, Tambours, Fifres, Trompettes, Mousquetaires, Hautbois